De la gestion des attentes

La politique, tout comme les marchés financiers, est un domaine où les acteurs doivent gérer les attentes des électeurs ou investisseurs.
L’une des stratégies les plus efficaces sur le moyen terme est souvent de faire un pas en arrière et attendre que la tempête passe.
En finance, lorsque les “spécialistes” publient leurs prévisions d’évolution d’une compagnie, bien souvent les managers se mettent en retrait et évitent de commenter.
Sûrs de leur fait, ils ont alors toute latitude pour battre les attentes du marché et ainsi créer un engouement sur leur titre. Les compagnies qui surprennent positivement le marché sont alors décrites comme ayant un résultat “exceptionnel”, ou vivant une “dynamique” de croissance.
La “dynamique” est aussi un terme politique. Pour la réaliser, il faut donner aux électeurs des attentes basses, pour ensuite les battre haut la main.
Certains gestionnaires de fonds, focalisés sur l’approche saine et long terme, refusent de lire la presse spécialisée ainsi que les éditoriaux et analyses techniques concernant les actifs dans lesquels ils investissent. Ils refusent tout autant de rencontrer les managers des compagnies dans lesquelles ils investissent. Ils cherchent ainsi à se déconnecter de tout effet de mode, mais aussi à ne pas entrer dans la logique citée plus haut. Ils évitent ainsi le piège dans lequel tombent les spéculateurs de tous bords. Selon eux, sur le long terme, analyser les comptes passés et avoir la “big picture” est tout ce dont ils ont besoin pour faire des investissements fructueux. Tout est une question de bon sens.
Du bon sens !
Le bon sens, voilà ce que nombre d’investisseurs marocains ont perdu dernièrement. Comment est ce qu’une bourse ayant réalisé une performance de plus de 211% depuis deux ans peut-elle être qualifiée de raisonnée. Cela devient encore plus frappant lorsque l’on compare celle ci à ses homologues nord africaines ou moyen-orientales qui ont réalisé une progression moyenne de 61%.
Ne possédant pas de ressources naturelles s’échangeant tous les jours plus haut, étant dépourvu d’une économie basée sur la consommation, et possédant l’une des économies les plus inégalitaires du globe, nos perspectives sont beaucoup moins claires que celles des pays du GCC (Arabie Saoudite, Oman, UAE, Bahrain, Qatar et Kuwait). Malgré les chantiers en cours aux quatre coins du pays, cela ne donnera certainement pas un avantage compétitif au pays.
Cela me fait sourire d’entendre les marocains se targuer d’avoir ces autoroutes, ces ports et aéroports en constructions, ces ronds points tout beaux un peu partout. Seulement l’époque à laquelle cela était un avantage est révolue. Aujourd’hui tout le monde possède ces infrastructures, ceux qui en sont dépourvus sont plutôt ceux qui resteront sur la touche. Ces infrastructures en devenir, ne saurait être des éléments justifiant la cherté de nos actifs. Et jusqu’à aujourd’hui, je ne vois encore aucune raison à ce niveau de prix. Le parallèle peut être aisément établi au secteur de l’immobilier.
Quand le marché est déconnecté de ses fondamentaux, la meilleure attitude à avoir est de reculer et d’attendre que la bulle explose.
La dynamique
La “dynamique” c’est ce qui semble manquer à nos politiciens. Pourtant, dénués de toute compétence managériale, la moindre des choses aurait été qu’ils comprennent les principes qui la font naître.
Quand le PJD a annoncé qu’il espérait glaner de 70 à 80 sièges au parlement, il a fait preuve d’un trop grand optimisme. Quand les analyses voyaient l’USFP bien se défendre dans certaines circonscriptions, c’était faire confiance à des experts qui n’en sont pas. Quand l’Istiqlal a annoncé des objectifs modérés et les a battus, ils ont fait preuve d’intelligence. Malheureusement, cette intelligence ils la perdent. Et ce n’est pas la seule chose qui se perd.
Cette alchimie qu’avait su créer le gouvernement Jettou et la confiance qu’ont retrouvé les ménages et entrepreneurs sont entrain de s’éroder face à l’incompétence affichée du chef de notre exécutif. Le train des réformes et des grands projets est entrain de ralentir depuis Octobre 2007, et si celui ci est encore en mouvement, ce n’est que l’effet d’inertie légué par l’équipe précédente. L’on se demande parfois si ce train a, pour l’instant, donné la moindre impulsion dans le bon sens.
Lorsque le Premier Ministre est publiquement désavoué par S.M le Roi (cf. tutelle des agences de développement), celui ci répond qu’il est heureux de se voir corriger ses erreurs. Lorsque ce même premier ministre déclare qu’il ne parle que l’arabe classique chez lui (et au passage, que notre darija n’est pas noble), celui ci nous fait reculer de plusieurs décennies en arrière. Il est en quelques sortes la Corée du Nord du monde politique marocain. Il a une force nuisance et de destruction inouïe sous la main, et la moindre de ses idées géniales peut se transformer en gigantesque champignon nucléaire. L’Algérie peut vaquer à d’autres occupations, avec un gouvernement pareil, nous n’avons plus besoin d’ennemis.
Certes, nous n’avons que le gouvernement que l’on mérite, et je n’ai pas à me plaindre moi qui ne suis même pas aller voter, mais il est une mode qui veut que les actions préventives soient prises avant que les effets ne soient irréversibles.
Mr. El Fassi (ma petite bambie à moi) s’est accroché du bout des ongles, bravant vents et marées dans l’espoir d’accéder un jour au sésame de la Primature. Il lui est même arrivé d’accepter un ministère sans portefeuille pour attendre au chaud que sa place se libère. Aujourd’hui qu’il a goûté à la gloire et aux délices de la fonction, il serait peut être bénéfique pour (lui et pour) nous de laisser la place à plus compétent et volontaire. Si le titre de Premier Ministre lui tient tant à coeur, il pourra le garder pour des fonctions honorifiques. Mais de grâce ! Qu’il arrête de faire de la politique contre productive.
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Me suis demandée pendant toute la lecture de l’article le pourquoi du comment du Bambi !!! Ca me fait un peu de peine que tu le compares à “l’autre” parce que bon Bambi pour moi c’est l’une de mes premières idoles… M’enfin je vois bien l’image quand même… lol